Les meilleures histoires sont souvent celles qu’on a le plus déformées. À force d’être racontée, une anecdote gagne en saveur et perd en exactitude. Notre travail consiste à remonter le courant, jusqu’à la source la plus proche des faits.
La pyramide des sources
Toutes les sources ne se valent pas. On hiérarchise systématiquement ce qu’on lit, du plus fiable au plus fragile.
- Sources primaires : archives, comptes-rendus officiels, témoignages directs.
- Sources secondaires : travaux d’historiens, enquêtes journalistiques solides.
- Sources tertiaires : encyclopédies, synthèses — utiles pour s’orienter, jamais pour conclure.
Recouper, toujours recouper
Une information n’entre dans une fiche-source qu’à partir du moment où deux sources indépendantes la confirment. Quand elles divergent, on ne tranche pas à la place de l’auditeur : on signale la controverse.
Une histoire honnête assume ses zones d’ombre plutôt que de les combler avec de la fiction déguisée.
Trois niveaux de confiance
Chaque fait reçoit un statut : vérifié, plausible ou contesté. Seuls les faits vérifiés peuvent être affirmés sans nuance dans le récit. Pour le reste, on emploie le conditionnel — et on le dit.
C’est cette transparence qui fait la différence entre un récit qui se contente d’impressionner et un récit auquel on peut faire confiance.